Mondialité

Nucléaire nord-coréen: comment résoudre la crise ?

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Il y a quelque chose de consternant dans le traitement politico-médiatique de la crise sur le nucléaire nord-coréen. Tout est conçu pour en faire la menace du seul régime de Pyongyang. Certes, ce régime est bien loin d’être la fine fleur de la démocratie et des libertés. Mais, comment ne pas voir - ou vouloir voir - la complexité de la réalité1.

La menace n’est pas seulement coréenne. Bien sûr, le programme nord-coréen, comme tous les programmes nucléaires, constitue en soi une menace à la sécurité internationale et à la stabilité. D’où les réactions négatives en chaîne, y compris chinoises. Mais la menace vient aussi d’un antagonisme politique, stratégique et militaire historique très actuel dans lequel sont directement impliquées les plus grandes puissances : États-Unis, Chine, Japon, Russie... Alors, comment faire ?

La menace n’est pas seulement coréenne. Bien sûr, le programme nord-coréen, comme tous les programmes nucléaires, constitue en soi une menace à la sécurité internationale et à la stabilité. D’où les réactions négatives en chaîne, y compris chinoises. Mais la menace vient aussi d’un antagonisme politique, stratégique et militaire historique très actuel dans lequel sont directement impliquées les plus grandes puissances : États-Unis, Chine, Japon, Russie... Alors, comment faire ?

Il faut constater la réalité d’une Corée du Nord devenue puissance nucléaire. Et mesurer que les sommations, les sanctions... cela ne fonctionne pas. Il est nécessaire qu’une négociation multilatérale puisse se nouer dans un cadre légitime, étroitement lié à l’ONU, afin de définir les conditions d’une sécurité collective et d’une démilitarisation pour l’ensemble de la péninsule coréenne et pour la région. Le processus de discussion doit s’inscrire dans le contexte issu de l’adoption par l’ONU du Traité d’interdiction des armes nucléaires, mais aussi du Traité de Non Prolifération. Ces deux grands textes déterminent un régime juridico-politique : celui de l’interdiction générale et du désarmement. À terme, cela devrait signifier l’élimination des armes nucléaires. Négocier un accord de sécurité en Asie serait donc un pas déterminant pour aller plus loin.

Naturellement, il y a des obstacles : ce qu’il faut faire reculer ce n’est rien moins que les logiques de puissance et l’exercice de la force dans les relations internationales... Et les crispations, notamment françaises, sur la force nucléaire de dissuasion. Mais les risques de confrontation dans cette région, la plus nucléarisée de la planète, n’imposent-t-ils pas une telle ambition ? Pour dépasser le vieux monde...il faut penser le nouveau.

Edito de Cerises n°332, 8 septembre 2017

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1. Voir sur le blog : https://jacquesfathinternational.wordpress.com/. J. Fath est l’auteur de Penser l’après, Essai sur la guerre, la sécurité international, la puissance et la paix dans le nouvel état du monde, Éd. Arcane 17.

, 08 septembre 2017