Bataille démocratique

Marche pour la justice et la dignité

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Les violences policières, qui ont connu un pic contre les manifestants du pritemps dernier contre la Loi El Khomri, touchent tout particulièrement les habitants des banlieues identifiées au faciès par la police, dans des contrôles d'identité. Dernière atteinte aux droits et à la dignité, le viol de Théo.

Dans ce contexte a lieu une marche pour la justice et la dignité à la quelle plusieurs associations et organisations appellent. Le MRAP a publié le 4 mars un texte confortant sa décision de participation à la manifestation du 19 mars à partir de son alanlyse de la "Loi relative à la sécurité publique" (dernier document ci-dessous)

Récapitulatif des appels

- L'appel initial des familles

- Marchons pour résister contre les violences policières

- Un appel signé par plusieurs associations et  mouvements politiques - entre autres :  Attac, Ensemble !, l'UD CGT.

Nous appelons à manifester le 19 mars pour la Justice et la Dignité parce que :

-          La revendication légitime de Vérité et de Justice portée par les familles victimes de violences policières doit être soutenue.

-          La banalisation des discours, des actes racistes et leur caractère structurel sont inacceptables.

-          Les droits démocratiques doivent être défendus face à l’Etat d’urgence et aux mesures liberticides qui touchent particulièrement celles et ceux qui subissent le racisme.

-          L'accueil des migrant-e-s dans des conditions dignes et la régularisation de tous les sans-papiers doivent être opposés à l'Europe forteresse. 

Le 19 mars, contre les violences policières, les discriminations, le racisme. Partout en France, marchons pour la justice.

Appel de : la LDH, le Mrap, la CGT, la FSU

Le 19 mars aura lieu, à Paris place de la Nation à 14h, pour la deuxième année consécutive, une marche pour la justice et la dignité. Nos organisations appellent à la solidarité et à cette manifestation qui se tient à l’appel des familles de victimes de violences policières. Elle se tient après l’agression insupportable dont Théo a été, après beaucoup d’autres avant lui, la victime.

Parce que les violences policières ne sont pas commises qu’en Ile-de-France, parce que les victimes de ces violences sont de toutes origines, c’est partout en France que nous appelons à manifester le 19 mars 2017.

Avec ces marches, nous crions notre colère.

Colère face à des violences policières dont le caractère répétitif trahit une conception pervertie de la sécurité publique et de la protection des citoyens ; colère face à une impunité manifeste et à un « deux poids, deux mesures » qui minent l’égalité des citoyens devant la justice ; colère devant des décisions gouvernementales qui visent à renforcer le poids de la police vis-à-vis de la justice, de la jeunesse et de la population.

Avec ces marches, nous signifions : alerte !

La police exerce un métier difficile. Il lui arrive d’en payer chèrement le prix et de dénombrer ses victimes, tombées parfois dans d’atroces conditions. La France ne manque pas d’en porter le deuil. C’est donc une énorme responsabilité que d’être policier, de porter arme à la ceinture, d’incarner la force de la loi et, au-delà, la République. Cette responsabilité n’autorise aucun passe-droit ; au contraire, elle oblige. D’où notre alarme : manifestations de racisme, discriminations, comportements humiliants, violences et indulgences coupables marquent aujourd’hui les interventions policières.

Avec ces marches, nous disons : une autre police est nécessaire.

Cette situation relève certes d’un contexte politique dégradé, marqué d’inégalités, d’injustices et d’invocations à un ordre qui se retourne contre les libertés individuelles et collectives. Pour autant, elle n’est pas fatale et il est impératif d’adopter des mesures qui recentrent la police sur ses missions de protection, bannissent les comportements agressifs, punitifs et humiliants, créent les conditions de confiance entre police et population.

Avec ces marches, nous portons des demandes précises.

La police doit retrouver sa vocation de protection dans une relation de proximité exercée dans le respect des personnes et de leurs droits. Ses agents doivent recevoir une formation conforme à ces objectifs.

Le gouvernement doit rouvrir le dossier du récépissé pour les contrôles d’identité. Sa fonction n’est pas du même ordre que celle des caméras, dont il a seul décidé la généralisation et dans des conditions discutables.

Les méthodes d’interpellation à hauts risques déjà interdites dans nombre d’autres pays européens doivent être bannies.

Aujourd’hui, le gouvernement doit prendre les mesures qui s’imposent et ouvrir les discussions nécessaires.

Avec ces marches c’est la liberté, l’égalité et la fraternité que nous défendons.

Les violences policières, dès qu’elles font – ou semblent – faire système, sont un coup de poignard plongé dans le cœur de la République : elles foulent les libertés aux pieds, mettent à bas l’égalité des citoyennes et des citoyens devant la police et la justice, substituent les stigmatisations haineuses et les enfermements identitaires aux valeurs qui fondent notre réalité plurielle, laquelle est aussi notre identité collective.

C’est pour ces raisons et pour ces objectifs que nous appelons les citoyennes et les citoyens, toutes celles et ceux qui vivent, étudient et travaillent en France, à marcher le 19 mars.

Loi relative à la sécurité publique : le MRAP alerte !

L’adoption récente, selon la procédure accélérée, de la loi « relative à la sécurité publique », le 15 février 2017 par l’Assemblée Nationale et le 16 février 2017 par le Sénat, entendait d'abord constituer une réponse aux réclamations de forces de l'ordre, telles qu'elles se sont exprimées depuis l'automne 2016, notamment lors de manifestations de policiers.

Or force est de constater que, dans le même temps, le gouvernement est resté largement sourd face aux protestations et aux manifestations contre les violences policières. Ainsi en est-il, tout particulièrement, de l'absence de résultats constatée lors de l’entrevue accordée par le premier ministre à des associations antiracistes, dont le MRAP, le 13 février 2017 (voir communiqué commun CRAN, LDH, MRAP, SOS-Racisme du 14 février 2017 : http://www.mrap.fr/violences-policieres-entrevue-avec-bernard-cazeneuve.html).

Il est choquant que, dans le cadre de cette procédure accélérée le Parlement ait décidé de réintroduire dans cette loi une disposition attentatoire à la liberté d’information, d'ailleurs, sanctionnée par le Conseil Constitutionnel après les premières lectures du projet de loi, à savoir la création d’un délit très flou de « consultation habituelle de sites djihadistes ».

L'une des dispositions les plus inquiétantes de cette « loi de circonstance » porte sur une extension  dangereuse des circonstances considérées licites d’usage des armes à feu par la police, extension qui renforce dangereusement la marge d’appréciation des fonctionnaires. A cet égard, le MRAP s’inquiète tout particulièrement du risque que les préjugés racistes de certains policiers (fussent-ils minoritaires) ne soit de nature à influer sur leur décision de recourir ou non à l’emploi de la force, avec les risques de dérapage potentiellement meurtrier qu’elle implique.

Le gouvernement a refusé d'instituer le récépissé de contrôle d'identité, refusant l'encadrement des contrôles d’identité - dont le caractère abusif deviendra de ce fait d’autant plus difficile à dénoncer ; Le MRAP condamne  également le doublement des peines encourues pour « outrage aux forces de l’ordre », qui ne pourra que renforcer en leur sein un sentiment général d’impunité, aggravant ainsi la défiance de la population à leur encontre.

Le MRAP exprime également sa très vive inquiétude devant l’extension des possibilités de renseignement en milieu pénitentiaire et met en garde contre les conséquences délétères de toute forme de non-respect des droits fondamentaux des personnes détenues.

C'est pour ces motifs que le MRAP s'insurge contre toute dérive sécuritaire, au-delà des prolongements successifs de l’état d’urgence et des dispositions, attentatoires aux libertés publiques, figurant dans la loi « renforçant la lutte contre le crime organisé, le terrorisme et leur financement » du 3 juin 2016.

C’est dans cette protestation que s’insère sa décision de participer aux manifestations du 19 mars 2017 « contre les violences policières, les discriminations, le racisme » (voir l'appel commun de la LDH, du MRAP, de la CGT et de la FSU : http://www.mrap.fr/le-19-mars-contre-les-violences-policieres-les-discriminations-le-racisme.html).

le 4 mars 2017

, 01 mars 2017