Alternative

Macron : piège à cons

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Ce titre dépasse ma pensée (c’est dire le niveau de celle-ci, rétorqueront certain-es !). Loin de moi l’idée de traiter de cons celles et ceux qui se prononcent pour Macron. J’en connais, de toutes tendances politiques que je continuerai d’écouter car leur raisonnement m’intéresse dans bien des domaines. Je comprends le désarroi que cela exprime, mais je veux ainsi dire avec force qu’on est loin du pari de l’intelligence collective !

Mon milieu social est populaire. Je vis dans une ville populaire. C’est à partir de cette expérience de vie et de mes pratiques politiques que j’ai la conviction que toute attitude politique qui fait l’impasse de la conflictualité, du débat projet contre projet au profit de la tactique est voué à l’échec. Nous devons faire le pari de l’intelligence du peuple. C’est une des raisons de mon soutien à Melenchon. Au moins, il essaye !

 

Les propos de  Christiane Taubira : « Est-ce que nous prenons la responsabilité de voir la situation sociale, économique et budgétaire se détériorer et des personnes en prendre plein la figure pendant cinq ans ? » n’ont d’intérêt que sur la base de la volonté de ne pas refaire la politique de ce quinquennat qui nous a conduit dans la situation actuelle : une extrême-droite en pleine forme, une gauche en lambeau ! La digue Macron n’aurait-elle pas pour conséquence de faire monter encore plus le fascisme ?

« À travers Macron, l’élection présidentielle est l’occasion pour la technocratie de Bercy de faire passer ses réformes miracles comme la baisse des retraites et des prestations chômage, comme la réduction de l’autonomie des collectivités locales, comme les organismes paritaires. Macron est le porte-parole rêvé de cette technocratie étroitement liée aux milieux financiers qui rêve de voir appliquer ces idées rétrogrades sous des apparences civilisées. » (Les économistes atterrés)

Disons aux gens les risques, faisons leur part de nos peurs mais aussi de nos espoirs, donnons leur les moyens de réfléchir et d’agir sur les possibles. Redéveloppons une conscience de classe qui unit celles et ceux qui ont peur du déclassement (les couches moyennes) et celles et ceux qui sont humilié-es dans les villes et les campagnes. Ne réglons pas le deuxième tour avant le premier au risque de reproduire une forme d’impuissance politique, y compris aux législatives !

Edito de Cerises n°316, 10 mars 2017