Genre

Genre et justice climatique

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Le Groupe français d’associations féminines et féministes « Genre et Justice Climatique », co-animé par Yveline Nicolas de l’Association Adéquations et Monique Dental, Réseau Féministe « Ruptures »,participe aux mobilisations citoyennes et contribue au plaidoyer avant, pendant et après la 21ème Conférence des Parties de la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP 21).

Il reste ouvert à signature des associations de femmes et féministes, ainsi qu’au soutien de toute organisation de la société civile au niveau français et international.

Le groupe a adopté un texte réactualisé périodiquement en fonction des actualités et des apports d’associations signataires. Des fiches thématiques complémentaires pourront venir développer certains points.

La version actualisée du texte et des signataires est consultable et téléchargeable ici.

Contact pour contribuer et pour signer le document : ynicolas(at)adequations.org.

Extraits du document :

(...)

L’importance de la prise en compte du genre dans les discussions climatiques

Il est maintenant largement reconnu que « Les femmes sont affectées de manière disproportionnée par les impacts du changement climatique, tels que les sécheresses, inondations et autres événements météorologiques extrêmes, mais elles jouent aussi un rôle essentiel dans la lutte contre le changement climatique. »1 Les femmes, parce qu’elles représentent 70 % des pauvres dans le monde et du fait de leurs rôles socialement construits, sont particulièrement touchées (eau, forêt, agriculture, pêche…) alors qu’elles consomment en moyenne moins d’énergie. Les catastrophes climatiques ont des effets spécifiques en matière de violences de genre, de migration et de réfugiées. Un autre problème est que les négociations et les groupes de travail scientifiques sont majoritairement menés par des hommes.

Cependant, les questions de genre sont progressivement prises en compte.(...)

Lien entre genre, climat, économie et ressources naturelles

- Assurer la cohérence entre les engagements sur le climat et les engagements et stratégies mis en œuvre en application de la Convention internationale pour l’élimination des discriminations à l’encontre des femmes, du Programme d’action de Pékin (et Pékin + 20), du Programme d’action de la Conférence du Caire sur la Population et le développement, des résolutions des Nations unies sur Femmes, paix et sécurité.

- Reconnaître que les femmes, par leur travail de care [16] (y compris le « care environnemental ») exercé à titre gratuit en raison de rôles sociaux traditionnels, subventionnent l’économie de production et que cette charge de travail s’accroit avec les déséquilibres climatiques. Son partage équitable entre hommes et femmes doit être organisé et financé (notamment par la création de services publics), d’autant que les femmes (notamment cheffes de famille monoparentales et particulièrement en situation post-conflit) sont plus touchées par la précarité énergétique, l’habitat dégradé, des trajets longs et des modes de transports non durables, la relégation dans des quartiers défavorisés, etc.

- Faire une priorité de l’accès et du contrôle par les femmes des terres, du foncier, des biens communs, et des autres moyens de production, l’accès au crédit et à l’appui technique ; prendre des mesures contre l’accaparement des terres et de l’eau et l’extractivisme [17]] ; respecter les droits des communautés autochtones, des migrantes ; intégrer les femmes aux revues d’impacts environnementaux des projets.

- Promouvoir l’économie locale, la gestion collective des ressources, des déchets, du recyclage souvent assurées par des organisations locales de femmes et assurer à ces organisations leur pleine implication dans les stratégies mises en œuvre et les innovations. (...)

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1. CCNUCC

, 29 septembre 2015