Convergences

Face à Jupiter en marche : Besoin d’audace collective

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La nouvelle législature qui débute est à l’image des premiers pas de la présidence Macron. Après les couacs ministériels : démission de plusieurs ministres et pas des moindres, déclaration contradictoire entre le ministre de l’Agriculture et celui de l’Environnement, vient le temps des couacs parlementaires. Oui il y a de la précipitation et même parfois de l’amateurisme mais surtout un renforcement incroyable de sa volonté hégémonique.

Celui qui prétendait changer la politique, déléguer les responsabilités et tout moraliser n’en finit pas d’étendre son pouvoir, ses contradictions et sa mégalomanie. Jupiter en marche !

Balayées d’un revers de la main les intentions d’ouverture et de pluralisme, les postes clés au Palais-Bourbon sont bien gardés. Quant à la place des femmes, si 38% des sièges du Parlement sont désormais occupés par des femmes, il n’a été fait place à aucune d’entre elles pour des postes majeurs.

Mais là où en revanche le président Macron tiendra bon le cap, c’est dans sa volonté de frapper fort, vite et de porter les coups les plus violents en direction du peuple.

Ainsi en sera-t-il avec la loi Travail que la présidence entend imposer par ordonnances et dont l’objectif est de faciliter les licenciements, donner aux entreprises le pouvoir de payer moins pour faire travailler plus, mettre fin au CDI. Tout ceci alors que 70 % de nos concitoyens se sont dit opposés à la loi Travail.

Idem avec l’inscription de l’état d’urgence dans le droit commun. Celui qui, en pleine campagne présidentielle, mettait en garde contre une prolongation sans fin de l’état d’urgence ne veut plus ni moins l’institutionnaliser. Un terrible danger pour les libertés individuelles et une remise en cause de la séparation des pouvoirs.

À l’heure où j’écris ces lignes, le président monarque Macron convoque le Parlement à Versailles, les députés des groupes GDR et de France insoumise boycotteront ce qui ressemble plus à un séminaire des élus de la majorité que toute autre chose.

La recomposition est vertigineuse, il y a ceux qui observent, attendent de voir où se placer, la gauche de transformation sociale ne peut être de ceux-là ! Il est urgent d’unir toutes nos forces. Nous ne pourrons pas faire l’impasse d’un travail collectif entre les différentes forces de progrès de l’Assemblée et pas que là ! Besoin d’audace aussi pour construire, pour que la voix du peuple s’impose à gauche. La voix de celles et ceux qui auront le plus à souffrir de cette hyperprésidence au service, elle, du CAC 40.

Editorial de Cerises n°331, 30 juin 2017