Citoyenneté

Citoyens et solidaires

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Les arrestations, gardes à vue, assignations à comparaître se multiplient pour intimider, tenter de briser les solidarités avec les migrants. Ainsi dans la vallée de la Roya, à Nice. Appel de Accueil réfugiés France communiqué du Snesup. Les dernières infos au 25 novembre à la suite.

 

Solidarité avec les citoyens solidaires des réfugiés !

Appel de Accueil Réfugié-e-s France, adressée à Président de la République, Premier Ministre, Ministre de l'intérieur

Face à l’afflux de réfugiés dans notre département, et plus particulièrement dans la vallée de la Roya, l’État n’a réagi qu’en  renforçant la présence de militaires et de forces de police, renvoyant notamment,  au mépris de la loi, les mineurs en Italie, au lieu de les protéger.

 Un certain nombre de citoyens solidaires, comme Cédric Herrou et Pierre-Alain Manonni, qui doivent comparaître le 23 novembre à 13 h devant le Tribunal de grande instance de NICE au motif d’« avoir facilité l’entrée, la circulation et le séjour irrégulier » (Cf. article 622 du CESEDA, pouvant entraîner jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 30.000 € d’amende) de plusieurs mineurs, femmes et hommes, venus demander l’asile en Europe, sont outrés par l’absence de prise en charge des pouvoirs publics. Ils aident ces personnes en détresse, simplement par humanité, conformément aux valeurs de la République française.

Comment punir quelqu’un qui apporte secours à des personnes en danger ?

Alors que, comme tant d’autres, ils se substituent simplement à l’État français, celui de la cinquième puissance mondiale et des droits de l’homme, qui refuse d’apporter assistance aux réfugiés en zone frontalière, se plaçant ainsi en dehors du droit international.

            La solidarité n’est pas un crime, la solidarité n’est pas illégale !

Les associations et les citoyens signataires demandent la relaxe immédiate des prévenus solidaires.

Premiers signataires :

Associations et organisations :

Roya citoyenne – Association pour la Démocratie à Nice (AdN) – Habitat et Citoyenneté – Ligue des droits de l’homme 06 et Région PACA – CIMADE 06 – COVIAM – MRAP 06 – RESF 06 – ADECR 06 (Association des élus communistes et républicains) – Fédération PCF 06 – Syndicat Sud FEAM 06 – CIMADE 05 – Confédération paysanne 06 – Association « Les Ouvreurs » (Nice)  – UD CGT 06  – Médecins du Monde – FSU 06 – Les amis de la Liberté – Ensemble! 06 – EELV06 – CGT Foyer de l'enfance – ATTAC.

Personnalités :

Valérie TOMASINI (conseillère départementale 06) – Rony BRAUMAN (médecin, ancien président Médecins Sans Frontières) – Ernest PIGNON-ERNEST (artiste) – Jean-Marc LEVY-LEBLOND (Professeur émérite université de Nice physicien, philosophe, éditeur) – Étienne BALIBAR (philosophe) – André TOSEL (philosophe) – Marie-Christine Vergiat (députée européenne Front de gauche-GUE) - Edmond BAUDOIN (auteur de bandes dessinées) – Didier Super/Olivier Hauguedon (comédien) – Yolande Moreau (comédienne) – Régine Chopinot (chorégraphe) – Julien COTTEREAU (comédien) – Sylvie Vassallo (directrice salon de la littérature jeunesse) – Jacques Perreux (conseiller général honoraire) – Mazarine-Nathalie Masseglia (comédienne, clown) – SLOBLODAN (artiste peintre, Nice) – Alexandre et Sigrid BORDIER (Compagnie le Bestiaire à pampilles – Montpellier) - Michèle Rivasi (députée européenne EELV) - Didier FASSIN (anthropologue) - Jacques COTTA (journaliste, réalisateur).

Plus d’infos :

Non au délit de solidarité avec les réfugié.e.s !

Communiqué du Snesup
Ingénieur d'Étude dans un laboratoire de recherche du CNRS – Université de Nice Sophia Antipolis et enseignant à la Faculté des Sciences, Pierre-Alain Mannoni est poursuivi en justice pour avoir secouru des réfugié.e.s.

Le 17 octobre, sachant le dénuement dans lequel se trouvent les réfugié.e.s en transit sur la route de Nice, Pierre-Alain Mannoni a pris en charge 3 Érythréennes – dont une mineure laissée par les autorités sans protection – attendues à Marseille par une association pour y être soignées. Sur le trajet, il a été arrêté par les gendarmes et conduit à la Police de l’Air et des Frontières. Après 36h de garde à vue, il a été libéré sous contrôle judiciaire. Sa voiture a été saisie ainsi que son téléphone, et il n’a pas le droit de quitter Nice.

Face à l’afflux de réfugié.e.s dans le département des Alpes-Maritimes, plus particulièrement dans la vallée de la Roya, l’État n’a réagi qu’en renforçant la présence militaire et policière, renvoyant notamment, au mépris de la loi, les mineur.e.s en Italie, au lieu de les protéger.

À l’instar d’autres citoyen.ne.s solidaires, Pierre-Alain Manonni doit comparaître le 23 novembre 2016 à 13 h devant le Tribunal de grande instance de Nice pour « avoir facilité l’entrée, la circulation et le séjour irrégulier » (Cf. article 622 du CESEDA, pouvant entraîner jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 30.000 € d’amende) de plusieurs mineur.e.s, femmes et hommes, venus demander l’asile en Europe.

Ainsi, non seulement les pouvoirs publics n’accordent aux réfugié.e.s dans cette zone frontalière aucune prise en charge, se plaçant ainsi en dehors du droit international, mais encore ils entendent sanctionner ceux qui font acte de solidarité en aidant ces personnes en détresse et en danger, par humanité, conformément aux valeurs de la République française.

La solidarité n’est pas un crime, elle ne doit pas être illégale.

Une pétition en ligne a réuni des associations et des personnalités qui demandent la relaxe immédiate des prévenu.e.s solidaires. Le SNESUP-FSU s’associe à cette demande ainsi qu’à celle d’une suppression dans le CESEDA du délit de solidarité envers les migrant.e.s, les réfugié.e.s et les sans-papiers.
 

Paris, le 22 novembre 2016

Nice: prison avec sursis requise contre un chercheur qui avait aidé des migrants

Nice, France | AFP | mercredi 23/11/2016 - 22:05 UTC+1 | 643 mots

par Claudine RENAUD

Six mois de prison avec sursis ont été requis mercredi soir contre un enseignant-chercheur du CNRS poursuivi à Nice pour avoir convoyé des Erythréennes venues d'Italie, "un geste humanitaire ne méritant aucune sanction" pour son avocate qui avait plaidé la relaxe.

Le jugement a été mis en délibéré au 6 janvier et son contrôle judiciaire levé d'ici là.

"C'est un sévère avertissement", a justifié le procureur général de Nice, Jean-Michel Prêtre. "On peut porter secours, c'est un devoir, mais pas aider au séjour et à la circulation" d'étrangers en situation irrégulière, a-t-il ajouté, rappelant que c'était une infraction pénale.

"Ces actions ne s'inscrivent pas dans un secours. Elles consistent à nier qu'une frontière existe et qu'un pays puisse faire voter des lois. (...) En France, on a le droit de penser ce qu'on veut et de traduire ces pensées en actions, mais dans les limites de la loi", a-t-il insisté.

Pierre-Alain Mannoni, 45 ans, enseignant-chercheur à la faculté de Nice Sophia Antipolis, avait été interpellé le 18 octobre à un péage près de Menton avec dans sa voiture trois Erythréennes dont une mineure, toutes trois prises en charge dans un centre de colonie de vacances SNCF désaffecté et squatté au moment des faits par un collectif d'associations pour y abriter des Erythréens.

Comme lui, depuis 2015, de nombreux habitants de la vallée franco-italienne de la Roya viennent en aide aux migrants qui passent depuis l'Italie voisine, souvent des Africains fuyant des pays instables.

Il convoyait les trois jeunes femmes pour les mettre dans le train en direction de Marseille où elles devaient être soignées, en évitant de s'arrêter à Nice pour échapper aux contrôles dans les Alpes-Maritimes.

"Dans son esprit, M. Mannoni a porté secours. Ce geste humanitaire ne mérite aucune sanction. Ce serait disproportionnée et pas nécessaire", a plaidé son avocate Me Maeva Binimelis. "Aujourd'hui, on veut faire un exemple (...) Je sollicite la relaxe pour donner une réponse à tous ces gens solidaires", a-t-elle lancé, évoquant le souvenir des Boat People accueillis en France dans les années 1980.

 - "Aberrant" -

 Cent à 200 personnes étaient venues soutenir M. Mannoni et son co-prévenu Cédric Herrou à l'audience. Elles sont restées nombreuses massées sur les marches du palais de justice de Nice qui s'était entouré de mesures policières inhabituelles, filtrant les accès y compris en salle d'audience.

"Si ces personnes ne sont pas secourues, il y aura encore des morts", a déclaré en conclusion des débats M. Mannoni, soutenu par le syndicat de l'enseignement supérieur Snesup-FSU, la Ligue des Droits de l'Homme, les écologistes d'EELV ou encore Médecins du Monde qui a témoigné en sa faveur à la barre.

"Qu'il se retrouve au tribunal dans notre pays, je trouve cela aberrant", avait déclaré avant l'audience la députée EELV Cécile Duflot, dénonçant une manoeuvre d'intimidation. "Aujourd'hui, on a des citoyens contraints d'enfreindre la loi, parce que l'Etat ne remplit pas ses obligations", a de son côté regretté David Nakache, un ancien cadre du PS niçois.

Depuis 2012, la loi prévoit l'immunité pour les passeurs qui ne sont pas rétribués et qui agissent si la vie des personnes recueillies est jugée en péril.

L'agriculteur Cédric Herrou sera quant à lui jugé le 4 janvier à la suite d'un report d'audience demandé par ses avocats. D'ici là, son contrôle judiciaire a été assoupli, lui permettant de recommencer à conduire de 06h00 à 17h00 pour les besoins de son exploitation qui produit des oeufs et des olives.

En août, il avait déjà été inquiété pour le transport de huit Erythréens mais le parquet de Nice avait classé l'affaire sans suite. C'est l'installation sans autorisation d'une cinquantaine d'Erythréens dans un centre de vacances SNCF désaffecté à Saint-Dalmas-de-Tende qui lui vaut ces nouvelles poursuites. Son occupation, dénoncée avec force par les élus locaux LR, avait pris fin avec l'intervention des forces de l'ordre au bout de trois jours.

clr/mdm/bir

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, 22 novembre 2016