Ecologie

Affaire de climat ou climat des affaires ?

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Marquée par une pluie d'interdictions des rassemblements citoyens de rue pour le climat, la COP 21 peut-elle déboucher sur un accord contraignant ? Des faits et des questions.

Évidemment, il y a un avant et un après les attentats de novembre. Et une conférence mondiale sur le climat dans un climat étouffant. Face à ceux qui règlent les problèmes par le sang, les armes et les frappes, face à des organisations terroristes qui vivent du pétrole et de ceux qui l’achètent, face à des guerres qui ne règlent rien, il faut continuer de débattre de ce qui protégerait les humains et la planète. Construire des sociétés sobres, libres, égales, rechercher des alternatives démocratiques au Sud et au Nord, désirer un monde débarrassé de tous les jougs et une société post-capitaliste, tel est l’enjeu.

Une exigence mondiale : changer de climat

Depuis l’échec de la conférence sur le climat de Copenhague (2009), la question du changement climatique avait été mise sous le boisseau. Le débat est revenu en force à l’occasion de la 21e Conférence des Parties prenantes à la Convention Climat de Nations unies (COP 21) qui se tient à Paris du 30 novembre au 15 décembre 2015. Des milliers de délégués sont attendus. En amont de cette conférence, des négociations, des tractations ont eu lieu. ONG, scientifiques, États, entreprises, organismes institutionnels… qui mène la danse ? Et laquelle ?

La COP 21 donc. Ce machin ! diront les climato-sceptiques qui continuent de nier l’origine anthropique du changement climatique et en particulier du réchauffement des basses couches de l’atmosphère. Leur politique de l’autruche est d’un autre temps. Certes, on peut chanter les vertus positives du doute face à un point de vue, fût-il minoritaire. Mais le GIEC est passé d’une certitude sur le sujet de plus de 90 % à une certitude comprise entre 90 et 100% selon ses derniers rapports d'évaluation.

Le GIEC. Son mandat (1988), est d'évaluer les travaux scientifiques, techniques et socio-économiques sur le changement climatique et les options de réduction des émissions de Gaz à Effet de Serre (GES)1. Des centaines de spécialistes (astrophysiciens, climatologues, océanographes, hydrologues, météorologues, glaciologues, biologistes, agronomes, géologues, économistes…) du monde entier contribuent à ses rapports. Ses évaluations sont fondées sur des études et des publications, disponibles à l'échelle internationale. À partir d’un impressionnant corpus, le GIEC élabore des rapports, propose des scénarios d'évolution du climat.

Signe d'optimisme, après une relative pause pendant une période (2009-2013) marquée par la crise financière du monde capitaliste et par le flop de Copenhague, le dossier climat a repris de l'importance dans l'espace politique international. Depuis 2014, des signaux positifs ont émergé. La mobilisation politique et économique du sommet des dirigeants sur le climat (23 septembre 2014) à New York, à l’initiative du Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, en a été un indicateur. Ce sommet a été l’occasion d’une mobilisation citoyenne dans de nombreuses villes dans le monde. Prenant des formes institutionnelles ou non, elle a permis de réactiver la lutte contre le dérèglement climatique.

Un des faits politiques les plus structurants des dernières décennies est que la question du changement climatique – qui ne résume pas la question écologique – est devenue planétaire. Et que la mondialisation des enjeux et des solutions implique leur politisation. Politiser ? C’est mobiliser, susciter des débats publics, confronter les points de vue. C’est interroger le système économique et le remettre en question.

+ 2°C : un objectif politique

En 2015, un événement s’est imposé : les climato-sceptiques ont perdu. Conséquence, le seuil de + 2°C, de limitation de la hausse des températures moyennes mondiales, depuis l’époque préindustrielle jusqu’en 21002, est devenu un objectif politique. Si les sciences ne retiennent pas qu’un seul chiffre, si elles parlent incertitudes, estimations et projections…, les forces politiques, l’opinion publique auront retenu la valeur de 2°C comme un repère.

Ainsi le Conseil européen de mars 2007 : « Il est primordial d'atteindre l'objectif stratégique consistant à limiter l'augmentation de la température moyenne mondiale à 2°C au maximum par rapport aux niveaux de l'époque préindustrielle. »

Les chefs d'État et de gouvernement du G8, réunis à L'Aquila (Italie), reconnaitront la même chose deux ans plus tard. L'accord de Copenhague (2009), confirmé par les accords de Cancún, adoptés à la COP 16 (2010), entérinera l'objectif de 2°C. Mais sans les exigences associées.

Et Laurent Fabius d’annoncer à nouveau, lors de la sortie du rapport du GIEC (sept. 2013), que l’objectif est d'aboutir à « un accord applicable à tous, juridiquement contraignant et ambitieux, c’est-à-dire permettant de respecter la limite des 2 °C ». Tout, évidemment, est désormais dans ce mot : contraignant.

Ce qui fait dire à Maxime Combes, membre d’ATTAC-France et de l’AITEC3 : « C'est à se demander si les gouvernements ne sont pas tout simplement en train d'abandonner l'objectif des 2°C qu'ils se sont eux-mêmes fixé lors de nombreuses échéances internationales (négociations ONU, G8, G20, etc.), et au-delà duquel les dérèglements climatiques seraient dramatiques. »

Source : GIEC, SPM/ARS-vol 3, 13/04/2014
Pour ne pas dépasser 450 ppm CO2e d'ici 2100, il faudrait une réduction
des émissions mondiales
située entre 41 et 72 % en 2050

Même si certains négociateurs commencent à "caner" et à parler de 3°C, l’objectif de 2°C reste partagé. Dès lors les points de divergence sont ailleurs : sur la priorité, le niveau – contraignant ou non – des objectifs de réduction, le rythme, les méthodes de comptabilisation des GES, les financements. Et sur le prix (ou la taxe) carbone.

Quant à la pollution de l’air, des sols et des eaux, qui pose des questions sanitaires et environnementales majeures, parallèles à celles du changement climatique, elle est le parent pauvre de la COP4. Or, la pollution atmosphérique entraîne, à elle seule, 7 millions de décès prématurés par an dans le monde, dont 90 % ont lieu dans les pays du Sud. L’eau représente elle-aussi un enjeu sanitaire élevé, et la protection des sols, de plus en plus fragilisés, un impératif. Le ministre indien de l’Environnement a ainsi pris un engagement de neutralité de dégradation des sols, pas de neutralité carbone : la hiérarchie des problèmes environnementaux n’est pas la même d’un pays à l’autre.

La lutte contre le changement climatique est une nécessité

Le changement climatique est déjà une réalité : chacune des trois dernières décennies s'est avérée plus chaude que la précédente. Alarmisme ? Réfugiés climatiques, épisodes de pollution à répétition, disparition d’espèces animales et végétales, les effets du réchauffement climatique sont déjà là, même s’ils ne sont pas linéaires.

Les impacts du dérèglement climatique vont bien au-delà du seul changement de température moyenne du globe. Outre le bouleversement rapide de la biodiversité engendrant des risques sanitaires, la multiplication et l'amplification de phénomènes météorologiques extrêmes, la montée du niveau des océans aura des conséquences sur les activités du littoral, avec des déplacements massifs de populations et des implications géopolitiques. Cela plus les guerres, la misère, l’aggravation des inégalités. C’est à un désordre important du monde auquel l’humanité, dans sa course actuelle, est exposée. Dans toutes leurs options, les experts du GIEC annoncent une montée du niveau de la mer (induite par la fonte du Groenland et de l’Antarctique), ainsi que l’intensification des événements climatiques (sécheresses, inondations, cyclones et ouragans).

De nombreux spécialistes en biodiversité estiment que nous vivons le début d'une extinction équivalente à celle des dinosaures. En milieu marin, l'acidification des océans conduit à une perte de phytoplancton d’environ 1 % par an. La connaissance du vivant montre que le bien-être de l'Humanité dépend des écosystèmes, qui jouent un rôle-clé pour la production alimentaire. Or ils vivent aujourd'hui une profonde mutation. Le changement climatique en est une raison. Mais pas la seule. L’épuisement des ressources halieutiques5 constitue un défi alimentaire pour des millions de personnes. Or, ce phénomène découle aussi d’un usage non rationnel des ressources naturelles et de systèmes économiques qui pillent les ressources à court terme. Ces ressources dépendent du modèle économique dans lequel elles prospèrent, végètent ou sont détruites. Ce modèle les asservira-t-il ou les protégera-t-il ? Et quid des populations qui en vivent ?

Entre catastrophisme et inaction, la raison et la volonté

AQffiches touche pas à ma camapgne (éolienne)

Ne pas agir, c’est se condamner. Certes, il existe un catastrophisme qui surfe sur l’irrationnel et les peurs. Celui-là amplifie à dessein tous les problèmes environnementaux, vise d’abord à effrayer, à culpabiliser et infantiliser tout individu dès lors qu’il fait un geste émetteur de CO2. De même qu’existe, de l’autre côté du spectre, un opportunisme écologique de la part d’entreprises qui peignent tout en vert, sont devenues spécialistes en communication et en greenwashing. Comme le dit le réalisateur franco-canadien Pierre-Yves Touzot, « les produits bio s'arrachent, les ventes augmentent, les profits explosent, mais en réalité, rien ne change »6.

Entre le catastrophisme et l’inaction, il y a la raison. Et la volonté politique. Pour les femmes et les hommes libres qui veulent construire un autre destin, la difficulté est de marcher sur ces deux jambes. La raison sans la volonté politique serait absurde. La volonté politique sans la raison serait aveugle.

Changer de système pour changer le climat

Le débat soulevé par la COP 21 porte aussi, plus diffusément, sur le fait que changer de climat exige de changer de mode de développement économique et de système. Là réside l’enjeu politique émergent. Car on construit un certain climat avec une certaine société, avec ses buts et modes de production. Le besoin de biens et de services, consommateurs d’énergies et de ressources, leur accessibilité ne supposent pas obligatoirement de refaire le même trajet que la production de biens marchands telle qu’impulsée par le capitalisme. Le cas de l’industrie automobile, au-delà du cas Volkswagen et ses voitures polluantes, est à ce titre révélateur. La voiture correspond à des besoins, mais si on prend le capitalisme tel qu’il s’est développé, en partie axé sur la production automobile, quelle a été la part de réponse à des besoins réels ? Cette production et cette consommation auraient-elles été les mêmes hors du capitalisme ? Le capital a promu ce qui lui rapportait le plus, quitte à polluer l’air et les villes. Avec cette absurdité en zone urbaine : plus il y a eu croissance automobile, plus il y a eu embouteillages et décroissance du droit à la mobilité. Si le droit à des transports propres, doux et sobres, ainsi que la possibilité de se déplacer avaient primé, il en aurait été autrement.

Chaîne humaine devant une centrale nucléaire.

De nouveaux modes de développement humain

Chercher et inventer de nouveaux modes de développement humain, rompant avec ceux du passé, est un défi. De nouveaux modes, dans lesquels des activités, des produits et des services décroîtront et d’autres, répondant à des besoins de société, croîtront.

Dès lors, la question de la lutte contre le dérèglement climatique ne devient plus indépendante des buts de production. En cela, elle n’est pas au-dessus des luttes de classes. À l’inverse, les luttes de classes ne peuvent plus ignorer la question environnementale. Comme le titre le journal Regards : « Le climat réchauffe la révolution. »7

Luttes de classes ? Révolution ? Rien à voir ! diront des écologistes solubles dans l’économie de marché ou des libéraux écolo-compatibles. Mais quand le capitalisme cannibalise tout sujet environnemental, ne tue-t-il pas toute possibilité de développement civilisé ? Quand il tire à son profit toute source d’énergie – ancienne ou nouvelle, renouvelable ou non – contribue-t-il à l’harmonie du monde ? Quand il exploite les ressources sur le court terme, n’obère-t-il pas l’avenir de la planète ? Quand il fait des choix stratégiques pilotés par l’espérance de gains immédiats, le dumping fiscal…, construit-il un avenir durable ? Le capital promeut des technologies répondant d’abord à ses intérêts : il gagne grand et imagine petit. Il aggrave en bout de course les inégalités sociales et écologiques comme il est à la source des difficultés.

Et le charbon ?

Aujourd’hui, le charbon est l’exemple même de ce qui aurait pu être fait différemment si un mode de développement productiviste et capitalistique8 n’avait pas miné cette énergie.

« Mais en face, de l’autre côté du fleuve, s’élevaient rondes et renflées à leur faîte, les minces cheminées d’usine du vaste faubourg de Saint-Sever. Plus nombreuses que leurs frères les clochers, elles dressaient jusque dans la campagne lointaine leurs longues colonnes de briques et soufflaient dans le ciel bleu leur haleine noire de charbon », écrivait Maupassant dans Bel Ami en 1880. Ce n’est pas une vue de l’esprit de dire que des centrales à charbon opérées au XXIe siècle par de grands groupes rappellent celles de la fin du XIXe. Sans oublier le fait que certaines centrales à charbon actuelles, grosses consommatrices d’eau, sont par ailleurs en zone de stress hydrique extrême… Et que dire de la Chine – son taux de croissance, sa pénurie électrique – qui a construit ces dernières années, une centrale à charbon par semaine9 ? De l’Inde, dans la même situation ?

Danse, sur une chanson des Rita Mistouko, des Amis de la Terre pour l'arrêt du charbon, devant le siège d'Engie, octobre 2015.

Le charbon est actuellement dans le collimateur des ONG, parmi lesquelles Greenpeace10. Il est aux modes de production électrique ce que la voiture est aux modes de déplacement : un des plus polluants, et grand contributeur de GES… Au-delà de la possible diabolisation de toute source d’énergie, au-delà du déni du lien entre l’arrêt du nucléaire dans certains pays (Allemagne…) et la relance du charbon à bas prix, la promotion de ce combustible par les acteurs économiques intéressés par le business du charbon pose question.

Le charbon donc. Dont l’exploitation pourrait être autrement respectueuse de l’environnement, de la santé et des mineurs. Dont l’utilisation aurait pu être beaucoup plus propre et sobre si les meilleures technologies de dépollution (pour "casser" les émissions d’oxydes d’azote et de soufre, filtrer les particules fines, piéger le mercure… ) avaient été implantées, si des choix de haute efficacité énergétique avaient été retenus, si des études santé sérieuses avaient été réalisées, si les risques avaient été étudiés, maîtrisés et réduits au maximum pour protéger les populations, si le prix du charbon avait été ainsi relevé. Et si de grands groupes mondiaux publics (EDF) ou privés (Engie, ex GDF Suez) n’avaient pas eu tout pouvoir stratégique, d’investissement et d’exploitation. Avec l’accord des pouvoirs publics en France, Allemagne, Brésil, Italie, États-Unis, Pologne, Australie, Hollande, Chili, Pérou, Inde… De cela, la COP 21 parlera-t-elle ?

En partie. Le 22 octobre 2015, L’Usine Nouvelle pouvait écrire : « À quelques semaines du sommet sur le climat à Paris, la COP 21 peut déjà afficher une victoire : celle de pointer du doigt le charbon comme un ennemi mortel de la planète. Énergie fossile la plus émettrice de CO2, le charbon compte pour 30 % du mix énergétique mondial. Aussi plusieurs entreprises françaises viennent-elles d'annoncer la fin de leurs activités ou de leurs investissements dans cette énergie. Après Total, qui cédait en juin ses derniers actifs, c'est Engie qui vient d'annoncer la fin de tout nouveau projet, tout en conservant ses trente centrales en activité. Dans le même temps, la banque Natixis a décidé de stopper le financement des industries du charbon. »

Quelle mouche a donc piqué les grands groupes énergétiques à changer leur fusil d’épaule ? La mobilisation et l’activisme des ONG, indéniablement. Ils ont conduit les énergéticiens à rétropédaler et à se désengager. Le charbon est devenu pour ces groupes un boulet, un "risque d’image" selon les financiers. La posture d’Engie est à cet égard révélatrice. Alors que le charbon était il y a peu, pour l’énergéticien, « un combustible plus que jamais d’actualité »11, le voilà devenu non grata. Pourquoi ? En pleine préparation de la COP, Engie est mis en cause par la justice italienne, accusé de « désastre environnemental » pour l’exploitation de la centrale charbon de Vado Ligure (Italie), opérée par une filiale à 50 % (Tirreno Power). Selon l’expertise scientifique des ONG, Engie serait responsable de la mort de plusieurs centaines de personnes. Le dossier à charge fait des milliers de pages. Les sommes en jeu sont colossales.

Engie vend alors une partie des actifs de la centrale, passe en dessous des 50 % et la sort de son mix énergétique. Les émissions polluantes et de CO2 en sont inchangées, mais Engie améliore son image. Continuant de virer sa cuti, le 14 octobre 2011, le groupe déclare abandonner tout nouveau projet charbon. Et l’ex-PDG de GDF Suez, Gérard Mestrallet, cité par Challenges, de déclarer : « Je suis un vieux combattant du climat, mais, en tant que chef d'entreprise, je me dois de décider dans l'intérêt de l'entreprise. Aujourd'hui, il est aligné avec mes convictions personnelles, et, c'est vrai, je me sens mieux. » Charbon, pétrole, gaz, nucléaire, énergies renouvelables, Engie charrie en réalité une seule marchandise : l’espérance de gains pour les actionnaires.

Prix ou taxe carbone, même combat ?

Et voilà que, après s’être opposés à toute taxe carbone, après avoir réduit les impacts du système européen de quotas de CO2 (preuve qu’un outil de marché, à la différence d’une réglementation, est inefficace), les PDG des groupes énergétiques se mettent à enfourcher le cheval du carbone… Du Medef à Business Europe12, ils en demandent un prix13. De 25 € la tonne, par exemple. À incorporer dans celui des énergies et pour la pomme du consommateur final… Reste qu’il est peu probable que la COP accouche d’un prix unique mondial du carbone…

Alors, écolos et capitalistes, même combat ? Pas vraiment… Les dirigeants capitalistes du gaz et du pétrole avancent en l’occurrence leurs propres pions. Ces coureurs de profits veulent être dans le tiercé gagnant des combustibles fossiles. Les pétroliers ? Ils « préfèrent un prix du CO2 qui répartisse la contrainte en la faisant d’abord peser sur les centrales au charbon plutôt qu’une approche qui durcirait les normes d’émissions sur ses principaux clients que sont les constructeurs automobiles », selon le communiqué commun de Total, Shell, Statoil, BP, Eni et BG Group. Engie ? D’accord avec Total pour savonner la planche des fournisseurs de charbon au profit du gaz naturel. Le pot aux roses a été dévoilé par Christian de Perthuis, économiste à Paris-Dauphine et promoteur de longue date de la taxe carbone. Lors de la conférence Respirations du 23 novembre à Paris, il a indiqué : « Les capitalistes veulent revaloriser leurs actifs. En raison de la baisse de prix du pétrole, du gaz et du charbon, ils souhaitent, avec un prix mondial du carbone, faire remonter le prix des énergies fossiles. »

Dire "Non" ? Non au nucléaire. Au gaz de schiste. Au charbon. Aux combustibles fossiles (dont le gaz naturel et le pétrole)… Aux éoliennes industrielles. Les arguments défendus par chacun de ces opposants peuvent d’ailleurs être entendus…

Changer d’énergies

La question énergétique est évidemment reliée aux enjeux de la COP. Mais face aux forces du marché qui diffusent leurs idées, veulent dicter leur loi, leurs critères, leurs produits, leur vision court-terme, que faire ?  

… Une étude récente de l’ADEME n’étudie-t-elle pas la faisabilité que 100 % de l’énergie mondiale soit fournie d’ici 2030, par de l’eau, du vent et du soleil. Il n’est donc pas interdit de rêver à ce type d’avenir.

Dire "Non" ? Non au nucléaire. Au gaz de schiste. Au charbon. Aux combustibles fossiles (dont le gaz naturel et le pétrole)… Aux éoliennes industrielles. Les arguments défendus par chacun de ces opposants peuvent d’ailleurs être entendus. Une étude récente de l’ADEME n’étudie-t-elle pas la faisabilité que 100 % de l’énergie mondiale soit fournie d’ici 2030, par de l’eau, du vent et du soleil. Il n’est donc pas interdit de rêver à ce type d’avenir.

Ces Non forment-ils néanmoins une alternative cohérente et crédible ? Les additionner soulève des problèmes techniques, économiques, sociaux, en un mot politiques, substantiels. Une révolution énergétique, visant à diminuer de manière substantielle les émissions de GES, la pollution atmosphérique et les risques industriels ne peut se faire d’un coup de baguette magique : elle nécessite une programmation, une organisation, une démocratisation, de la "fraîche". Les acteurs, experts du quotidien ou au long cours des systèmes énergétiques, doivent pouvoir s’approprier les enjeux, les appréhender dans leur complexité et les transformer. Changer démocratiquement d’énergies est ni simple, ni insurmontable.

La COP ? Qu’en espérer ici, maintenant, demain ? Peut-être dans un même mouvement, un progrès mondial dans la lutte pour changer LE climat et DE système économique. Tout dépend de nous.

 

* Philippe Valme

1 En plus du gaz carbonique (CO2), les autres GES directs sont le méthane (CH4 ), le protoxyde d’azote ( N2O), les HFC et PFC, le SF6 et le NF3. Chacun de ces gaz a un pouvoir de réchauffement global (PRG) spécifique. Pour représenter les émissions des différents GES, on parle en "équivalent CO2".

2 +2°C signifie une hausse de +1,15°C à l'horizon 2100 par rapport à aujourd'hui car le réchauffement a déjà commencé (+0,85°C).

3 "Blockadia et Alternatiba, les deux piliers de la justice climatique", 8 nov. 2014, sur Mediapart.

4 On lira à ce sujet le livre Le climat qui cache la forêt, oct. 2015, éditions Rue de l’Echiquier, de Guillaume Sainteny, docteur en science politique, maître de conférences à l’École Polytechnique et à AgroParisTech, et spécialiste des politiques publiques environnementales, ainsi que les travaux de l’INERIS (Institut National de l’Environnement Industriel et des Risques).

5 Des milieux aquatiques.

6 Comme un albatros, La Découvrance Éditions, La Rochelle, 2012.

8 Les deux notions ne se recoupent pas forcément , ce qui mérite débat.

9 Près de 70 % des besoins énergétiques de la Chine reposent sur le charbon.

10 The silent killers – Why Europe must replace coal power with green energy (trad : Les tueurs silencieux – Pourquoi l’Europe doit remplacer les centrales à charbon par de l’énergie verte) http://www.greenpeace.org/international/en/publications/Campaign-reports/Climate-Reports/Silent-Killers/

11 Site Internet GDF Suez.

12 Association patronale européenne de défense des intérêts des entreprises privées auprès de l'UE.

, 27 novembre 2015