Démocratie

23 mars : Quel exercice pour la démocratie?

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Réunion – Débat
Samedi 23 mars 2019, de 9h30 à 16h30
Bourse du travail, salle André Tollet
3 rue du Chateau d’eau, 75010 Paris (Métro République)

co-organisé par l’Association Autogestion (AA), l’Association des communistes unitaires (ACU), les Amis de Tribune socialiste (ATS), Cerises, l’Observatoire des mouvements de la société (OMOS), le Réseau pour l’autogestion, les alternatives, l’altermondialisme, l’écologie et le féminisme (AAAEF), le Temps des lilas et l’Union syndicale Solidaires.

La récente séquence des Gilets jaunes a mis à nu une aspiration à la démocratie face aux décisions d’un pouvoir dépourvu d’une quelconque assise populaire. Au-delà de la satisfaction de revendications relatives au pouvoir d’achat, une proposition de référendum d’initiative citoyenne semble émerger. Par ailleurs, en guise de « contre feux », le pouvoir organise une vaste concertation en vue d’éventuels correctifs concernant l’actuelle constitution de la Ve république.

La démocratie ne pourra être totale que si elle intègre la démocratie économique, qui suppose l’éviction des actionnaires et le pouvoir aux travailleurs, aux usagers et aux citoyens dans l’entreprise et au sujet des grands choix macroéconomiques. Comment une telle démocratie peut-elle se concrétiser ? Suite au débat du 19 janvier, quelques grandes questions semblent émerger, auxquelles notre séance du 23 mars tentera d’apporter des réponses :

  • Comment organiser la délibération et la décision dans des espaces géographiques de grande échelle ou pour des entreprises de grandes tailles et pour les services publics ? Pour certains, cela conduit à tenter de concentrer l’essentiel si ce n’est au niveau local, du moins au plus petit périmètre possible ; pour d’autres une part de délégation est inévitable ; pour d’autres encore, le citoyen ne doit être dépossédé d’aucune question et les structures de grandes tailles doivent fonctionner sur le mandat impératif avec des porte-paroles désignés en fonction des ordres du jour. Se pose alors la question du temps de cette activité démocratique.
  • Que penser d’une « Chambre sociale » ? Pour les uns, c’est le moyen d’assurer aux forces sociales l’accès aux délibérations qui les concernent, pour d’autres cela revient à cantonner les questions sociales dans une chambre aux contours trop délimités et ainsi reproduire la dissociation illégitime du social et du politique.
  • Comment gérer le dissensus, et comment et jusqu’où construire le consensus ? Si une société sans dissensus est illusoire, au moins deux questions se posent : l’enjeu est de cerner les termes de la conflictualité et de trouver les modes décisions adaptés ;
  • Quel peut être le rôle des assemblées tirées au sort ? Pour certains, le tirage au sort permet d’éviter toute forme de carriérisme des « représentants » ainsi désignés et de garantir que la décision citoyenne soit respectée. Pour d’autres, dans la mesure où une société sans conflit ne peut exister, cette proposition prive les citoyens de leur fonction démocratique, consistant notamment à choisir des options à travers des personnes et en fonction de ce qu’elles portent. Il s’agit alors de ne jamais soustraire l’activité démocratique aux confrontations et choix politiques des intéressés.
  • Quels droits humains fondamentaux doivent être garantis ? Quelles en sont les modalités de définition et d’institution ?
  • Dans ce cadre, quel peut être le contour des organisations ? Pour certains, s’il est nécessaire qu’elles se démocratisent et s’ouvrent d’avantage aux préoccupations et moyens d’expression des citoyens, elles doivent maintenir leurs contours actuels pour préserver la spécificité des moments politiques. Pour d’autres, les individus ne peuvent être dissociés en fonction de moments qui seraient sociaux et d’autres, politiques. Le rôle des organisations ne doit pas alors être de parler au nom des intéressés, mais de leur permettre de passer des aspirations individuelles à l’action collective. Cela pose la question des conséquences d’une telle approche des organisation sur les rapports concrets entre structures collectives et individus.
, 26 février 2019