• La gestation pour autrui (GPA) mérite un vrai débat. De quoi parle-t-on ? De la possibilité, pour des parents intentionnels, de recourir à une femme gestatrice. Assimiler, par principe, cette possibilité à une marchandisation du corps et opposer les droits de l’enfant à un pseudo "droit à l’enfant" relève de la caricature.

    D’abord, le désir d’enfant, le souhait d’assumer un lien parental et une filiation n’ont rien d’illégitime. Cette aspiration n’est nullement contradictoire, au contraire, avec la volonté de veiller à la qualité de vie de l’enfant né d’une mère porteuse (comme pour tout enfant). Ensuite, une gestation pour autrui altruiste est tout à fait crédible. Et réduire la GPA à une inévitable exploitation de femmes pauvres par des riches relève du fantasme, que démentent les associations1. S’agissant de lutte des classes, on peut d’ailleurs inverser le raisonnement : en l’absence de loi, ce sont toujours les plus pauvres qui n’accèdent pas à la GPA, ou qui sont victimes de la GPA lucrative, tandis que les plus riches trouvent toujours le moyen, quand ils le souhaitent, de contourner la loi.